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Publié le : 15 septembre 2026

Cultiver un potager: une signature d'un mode de vie sain?

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Projet ancré dans la vision du Centre NUTRISS

Cette initiative a permis de concrétiser une idée citoyenne en un projet de recherche avec l’équipe d’Angelo Tremblay. Le but du projet de recherche était de répondre à la question citoyenne suivante: 

Cultiver un potager: une signature d’un mode de vie sain? 

 

 

D’où est venue l’idée de ce projet?

Ce projet a été inspiré par un voyage à vélo dans la ville de Détroit effectué par Suzanne Michaud, membre du Comité des citoyennes et citoyens du Centre NUTRISS.

En raison de la faillite de cette ville, plusieurs commerces alimentaires ont fermé leurs portes. Des jardins communautaires ont été créés dans le but d’améliorer l’accès à des aliments de qualité. 

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Pour en savoir +

En s'arrêtant à plusieurs reprises pour échanger avec des jardinières et des jardiniers, Suzanne a constaté que le jardinage semblait offrir de nombreux bienfaits au-delà de simplement fournir un accès à des aliments de qualité. De cette expérience lui est venue l’idée de ce sujet de recherche. 

Ce projet a été réalisé par la collaboration entre une citoyenne, Suzanne Michaud, et une équipe de recherche du Centre NUTRISS composée de Angelo Tremblay, Marie-Claude Roy, Lucie Brunelle et Vicky Drapeau.

 

But du projet et hypothèses

Ce projet citoyen avait pour but de mieux comprendre les effets du jardinage sur ses artisans. 
L’équipe a mis de l’avant les hypothèses suivantes:

  • S’engager dans une activité de jardinage est associé à une meilleure santé physique et mentale
  • S’engager dans une activité de jardinage est associé à une meilleure qualité de l’alimentation
  • Cultiver un potager procure un bon niveau de satisfaction

 

Résultats et impacts

Santé globale

Au Canada, 30 % de la population présente une obésité et 9 % vivent avec le diabète. Le jardinage serait-il un élément favorable à la santé? Les constats sont encourageants.

Parmi les jardinières et les jardiniers amateurs recrutés, le taux d’obésité est nettement plus faible que dans la population générale. Pour ce qui est du diabète, ce taux est également plus faible. D’ailleurs, la grande majorité des personnes recrutées dans l’étude déclarent n’être affectées par aucune maladie chronique.  

 

Ces résultats sont-ils dus à de meilleures habitudes de vie? 

Possible. Les habitudes quotidiennes des jardinières et des jardiniers ont été analysées en tenant compte de la consommation de légumes et fruits, la durée de sommeil, le temps d’activité physique ainsi que le temps d’écran. Certaines de leurs habitudes se démarquent par rapport à la population générale.

Leur consommation quotidienne moyenne de légumes et fruits dépasse la moyenne canadienne. 

Portrait au Québec

Les jardinières et les jardiniers consomment davantage de légumes et de fruits que la population québécoise en général. Selon les données du projet NutriQuébec, la consommation moyenne au Québec est de 4,5 portions par jour, comparativement à 5,7 portions par jour chez les personnes ayant pris part à l’étude.

 

En ce qui concerne le sommeil, les personnes participantes déclarent dormir en moyenne 8,6 heures par nuit, comparativement à une moyenne de 7,9 heures dans l’ensemble de la population canadienne. Ces résultats montrent que la durée moyenne de sommeil, tant chez les participantes et les participants à l’étude que dans la population canadienne, est conforme aux recommandations de 7 à 9 heures par nuit.  

Plusieurs recherches indiquent qu’une alimentation riche en légumes et fruits, combinée à un sommeil adéquat, favorise la santé.

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SANTÉ MENTALE

« Dans ce jardin, il se dégage une ambiance de paix qui nous évite les consultations de psys. »

Plusieurs commentaires de la part des jardinières et des jardiniers recrutés touchent la santé mentale. Le calme, le bonheur de travailler dehors et la connexion à la nature semblent engendrer un sentiment de quiétude et un bien-être psychologique. En apaisant le stress et l’anxiété, l’activité de jardiner permet de se reconnecter à soi tout en appréciant les simplicités de la vie. 

La santé émotionnelle a été mesurée par un outil qui prend en compte le sentiment de se sentir utile, détendu, optimiste ainsi que d’être en mesure de jongler avec les problèmes de la vie en ayant un esprit clair. Presque toutes les personnes ont obtenu un score indiquant une santé émotionnelle positive. 

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SANTÉ SOCIALE

L’étude permet aussi de mettre en lumière la richesse des échanges humains favorisés par le jardinage. 

« As-tu commencé tes semis? »  
« C’est quoi ton astuce? »   
« J’ai trop de laitue, en veux-tu? » 

Les résultats suggèrent que d’avoir un potager favorise les interactions sociales de la part du voisinage, des proches ou de la communauté en général. Tous n’ont pas nécessairement des connaissances avancées sur le jardinage. Chacun partage alors ses savoirs, ce qui favorise la compréhension mutuelle et crée des liens. Dans les jardins communautaires en particulier, il est possible d’observer beaucoup d’entraide. Le partage de surplus de légumes est aussi fréquent, ce qui renforce les liens sociaux.

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CONDITION PHYSIQUE

La culture d’un potager, si relaxant soit-il, peut facilement devenir demandant physiquement. Cette activité nécessite des efforts physiques comme de lever des sacs de terre et sarcler avec un râteau. Les jardinières et les jardiniers interrogés ont relevé que ces actions permettent d’entretenir et d’améliorer leur force, leur endurance et leur équilibre.  Ainsi, jardiner se révèle être un antidote à la sédentarité, largement répandue dans la société.   

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DIMENSION ENVIRONNEMENTALE ET ÉCONOMIQUE

La population est de plus en plus sensibilisée à l’importance de manger local et de diminuer son empreinte écologique. Ce sont quelques-unes des raisons qui motivent certains jardiniers ayant participé au projet à produire eux-mêmes des aliments dans leur potager. Cette pratique donne accès à des produits frais et sans pesticides. Elle favorise aussi l’autonomie alimentaire en été tout en ayant un impact favorable sur le portefeuille. 

 

 

Méthodologie du projet

Qui sont nos jardinières et jardiniers recrutés? 

Dans le but de répondre à la question de recherche « Cultiver un potager: une signature d’un mode de vie sain? », un questionnaire en ligne a été diffusé auprès de jardiniers cultivant un potager à des fins non commerciales afin de les inviter à prendre part au projet. Un total de 310 jardinières et jardiniers ont ainsi été recrutés.
Parmi les participantes et les participants:

  • 78 % sont âgés de 34 ans et plus
  • 78 % sont des femmes
  • 91 % rapportent un niveau de scolarité collégial ou universitaire
  • 56 % ont un revenu familial annuel excédant 100 000$

 

Méthode pour recueillir les informations

Pour cette étude, une méthodologie mixte a été utilisée, combinant des questions de nature quantitative et qualitative dans un même questionnaire destiné aux participants.

  • La partie quantitative comprend notamment les données sociodémographiques (p. ex. âge, sexe, niveau de scolarité) ainsi que des indicateurs de santé.
  • La partie qualitative permet quant à elle de mieux comprendre les perceptions et les opinions des participants.  Par exemple, l’analyse des réponses a mis en lumière de nombreux témoignages faisant état de bienfaits perçus, dont une diminution du stress et de l’anxiété.

 

Conclusion

Les résultats de ce projet citoyen suggèrent que la participation à des activités de jardinage est associée à de nombreux bienfaits touchant différentes sphères de la vie des jardinières et des jardiniers. Ainsi, il semble donc que la culture d’un potager constitue bel et bien une composante d’un mode de vie sain.

 

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EN GUISE DE RÉSUMÉ

Réduire la sédentarité et améliorer la qualité globale de l’alimentation tout en maintenant un mode de vie écologiquement sain font partie des recommandations qui font consensus. Pour plusieurs, mettre en pratique un mode de vie sain représente néanmoins un défi au quotidien.

Un projet citoyen du Centre NUTRISS a permis d’examiner les bénéfices potentiels associés à la participation à un potager. 

De façon plus spécifique, l’équipe de recherche sous l’impulsion d’une citoyenne partenaire du centre a évalué le profil de jardinières et de jardiniers en utilisant un questionnaire qui documente les habitudes de vie, certains indicateurs de santé ainsi que le degré de satisfaction envers la culture d'un potager. Le projet a suscité un intérêt bien au-delà des attentes, avec 310 participants ayant complété le questionnaire, comparativement à l’objectif initial de 50 participants.

Les résultats ont fait ressortir une prévalence plus faible d'obésité et de diabète dans cet échantillon en comparaison à la population canadienne. Les jardinières et les jardiniers ayant pris part au projet ont de façon générale de bonnes habitudes de vie, notamment en ce qui a trait aux habitudes d'activité physique, d'alimentation et de sommeil. Les résultats ont aussi mis en évidence la santé émotionnelle des participants et leur satisfaction relative aux bénéfices psycho-sociaux associés au jardinage. 

Au-delà de ses retombées conceptuelles, ce projet démontre la valeur d’une initiative de collaboration fructueuse entre nos équipes de recherche et une partenaire citoyenne.

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