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Publié le : 1 avril 2025

Vision en noir et blanc des aliments

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Rédigé par: Simone Lemieux, Dt.P. et professeure à l’École de nutrition, membre du Centre NUTRISS, Université Laval.
Ce billet a été repris et mis à jour du Blogue Contact de l’Université Laval.


L’information sur l’alimentation est abondante dans les médias. C’est ainsi qu’on a appris, au fil des ans, que le chocolat et le thé vert pouvaient améliorer notre santé cardiovasculaire, que les acides gras de type oméga-3 possédaient de nombreuses vertus et que l’alimentation méditerranéenne n’avait pas son égal en termes de bénéfices pour la santé. Ce ne sont ici que quelques exemples provenant d’une marée d’informations sur la nutrition, parfois farfelues, parfois sérieuses, et souvent controversées.

Récemment, je me suis penchée sur la question des controverses réelles ou apparentes en matière de saine alimentation et sur le fait qu’il n’est pas toujours souhaitable de catégoriser les aliments en 2 clans. C’est avec plaisir que je vous partage aujourd’hui le fruit de mes réflexions. 


Bon ou mauvais pour la santé?

Quand des gens que je rencontre pour la 1re fois apprennent que je suis nutritionniste, j’ai presque toujours droit à une question du type: « Est-ce que c’est vrai que tel aliment est bon pour la santé? » En fait, cela semble un réflexe de vouloir catégoriser les aliments en « bons » ou « mauvais ». D’ailleurs, si vous cherchez sur le Web l’expression « bon ou mauvais pour la santé », vous verrez à quel point cette vision dichotomique est populaire lorsqu’il s’agit de nutriments, d’aliments ou de régimes alimentaires. 

Illustration sur les discussion vrai et faux

Cette vision en noir et blanc ne rend pas justice à la complexité des effets de l’alimentation sur la santé. Ceux-ci dépendent de tellement de facteurs qu’il s’avère ardu de choisir définitivement un clan. En effet, un aliment à lui seul peut difficilement avoir une influence significative sur le profil de santé, l’impact de la qualité de l’alimentation globale étant nettement plus important. 


Par ailleurs, certaines caractéristiques des individus, comme leur profil génétique, peuvent aussi grandement influencer les effets qu’aura une intervention nutritionnelle. À titre d’exemple, ma collègue Marie-Claude Vohl s’intéresse à l’importance du profil génétique dans la manière dont répondent les gens à différents types d’interventions nutritionnelles.

Dans le cadre de ses recherches, elle s’est penchée sur les effets d’une supplémentation en acides gras oméga-3 sur plusieurs variables du profil de risque cardiovasculaire, dont les concentrations de triglycérides (un type de gras retrouvé dans notre circulation sanguine). Ses travaux ont permis de constater que bien que la majorité des gens voit leur niveau de triglycérides diminuer à la suite d’une telle supplémentation –ce qui est souhaitable–, d’autres voient celui-ci rester stable ou augmenter légèrement. Cette variabilité dans la réponse à l’intervention s’expliquerait en partie par des différences dans certains gènes. 

Par ailleurs, la santé est un concept plutôt large. Une intervention nutritionnelle pourrait avoir un effet bénéfique sur une variable liée à la santé, mais cela ne veut pas dire qu’elle est bénéfique pour toutes les facettes de la santé. Prenons le café en exemple. Alors que plusieurs études ont proposé qu’une consommation modérée de café diminue le risque de maladies cardiovasculaires, d’autres études ont associé la consommation de café à une augmentation du risque de cancer de l’estomac.

Tous ces exemples démontrent qu’il est plutôt hasardeux de se limiter aux étiquettes « bon » et « mauvais » pour la santé quand on parle d’alimentation. Par contre, on peut très bien comprendre le réflexe de vouloir dichotomiser. Des études suggèrent que la pensée dichotomique facilite une prise de décision plus rapide. Ainsi, devant l’abondance de choix alimentaires et d’informations sur ceux-ci, cela peut simplifier l’existence d’avoir un système de classification simple des aliments. 


Dichotomie et cacophonie

Plusieurs facteurs peuvent donc expliquer pourquoi les effets d’un aliment ou d’un nutriment ne seront pas toujours les mêmes selon les différentes études. Puisque les médias aiment la controverse et cherchent la plupart du temps à transmettre un message tranché, ils sauteront sur les résultats d’études qui ne vont pas exactement dans le même sens. Suivront ensuite des commentaires comme: « Branchez-vous les nutritionnistes, un jour vous nous dites que le lait est bon et le lendemain vous changez d’idée… ». 

Pour que des résultats soient réellement contradictoires, il faudrait répéter une étude d’intervention nutritionnelle dans des conditions identiques (même population à l’étude, même devis expérimental, même intervention nutritionnelle, mêmes variables du profil de santé étudiées, etc.) et obtenir des résultats différents. C’est rarement ce genre de comparaison qui alimente le discours voulant qu’un aliment passe facilement de héros à zéro! 

Le fait d’utiliser surtout les adjectifs « bon » et « mauvais » pour parler de l’alimentation amène une impression de cacophonie, puisque nous sommes constamment ballotés entre ces deux extrêmes. C’est un peu comme si un orchestre jouait avec seulement deux notes. Et si on ajoutait d’autres « notes » et certains bémols à notre discours sur l’alimentation? Peut-être arriverions-nous à transformer la cacophonie alimentaire en symphonie…

Illustration de notes sur une portée

 


Références
  • Ouellette C, Cormier H, Rudkowska I, Guénard F, Lemieux S, Couture P and Vohl MC.
    «Polymorphisms in genes involved in the triglyceride synthesis pathway and marine omega-3 polyunsaturated fatty acid supplementation modulate plasma triglyceride levels». J Nutrigenet Nutrigenomics 2013, 6:268-280.
  • Ding, M., Bhupathiraju, S. N., Satija, A., van Dam, R. M., & Hu, F. B. (2014). Long-term coffee
    consumption and risk of cardiovascular disease: a systematic review and a dose-response meta-analysis of prospective cohort studies. Circulation, 129(6), 643–659.
    https://doi.org/10.1161/CIRCULATIONAHA.113.005925
  • He, P., Li, X., Zou, D., Tang, F., chen, H., & Li, Y. (2025). Environmental factors inducing gastric cancer: Insights into risk and prevention strategies. Discover Oncology, 16(1), 25.
    https://doi.org/10.1007/s12672-025-01771-5
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